Cours d'esthetique

mercredi, octobre 19, 2005

Programme du semestre

26 octobre : Hegel

2 novembre : Kant et Hume

9 novembre : Nietzsche

16 novembre : Heidegger et Shapiro

23 novembre : Adorno, Danto, Genette

30 novembre : Merleau-Ponty

7 décembre : Badiou, Rancière, Schaeffer I

14 décembre : Badiou, Rancière, Schaeffer II

4 janvier : mise en perspective

12 janvier : devoir sur table

F.W.J. Schelling – L’art et l’esthétique

Commentaire de quelques extraits du texte

« La philosophie de l’Art est représentation du monde absolu sous la forme de l’art. » (p.26)

La pensée philosophique trouve dans l’art davantage que son prolongement naturel, sa clé de voûte, le lieu privilégié de son élévation, mieux de sa révélation. L’esthétique n’est plus seulement un moyen de penser l’art et ses finalités, mais plus encore une pensée qui s’installe au cœur de l’art et s’y déploie durablement. L’esthétique serait la continuation de la philosophie selon d’autres moyens.

« Le naturaliste inspiré […] reconnaît dans les œuvres d’art les vrais archétypes des formes qu’il ne trouve exprimée que confusément dans la nature, et à reconnaître symboliquement par l’art même la manière dont les choses sensibles procèdes de ces archétypes. »
Le schématisme étant la représentation selon laquelle l’universel signifie le particulier et l’allégorique celle selon laquelle l’universel est intuitioné dans le particulier, le symbolique constitue la synthèse dans laquelle les deux ne forment plus qu’un, absolument. Le symbolique est la forme absolue. (p.27)

L’art n’est plus considéré comme cette œuvre artificielle et particulière, mais au contraire comme le lieu privilégiée d’une médiation entre particulier et universel. En lui se fait jour non pas une matière, in artifice mais au-delà de lui un esprit faisant le lien du particulier à l’universel, d’une réalité sensible à une réalité intelligible. L’art n’est désormais plus un faux-semblant, mais le moyen miraculeux d’une transcendance de la matière par l’esprit. C’est ainsi que Schelling sera considéré, a bien des égards, comme le philosophe par excellence du premier romantisme.

Citons en guise de conclusion cette fameuse phrase d’Hugo dans la préface des Contemplations : « On se plaint quelquefois des écrivains qui disent « moi ». Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas, quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? ». De même dans les Confessions de Rousseau, retrouve-t-on des descriptions à la fois très égocentriques et finalement d’une portée universelle. Le Moi renvoie, dans sa dimension symbolique (cf. Schelling), à une certaine forme de la condition humaine.

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