Cours d'esthetique

jeudi, novembre 24, 2005

Adorno – Théorie esthétique

Adorno s’intéresse à l’expérience esthétique, une expérience, comme nous l’avons déjà vu chez Heidegger, toujours progressive : « D’emblée, il faut bien concéder que s’il existe un domaine où la connaissance progresse par strates, c’est bien l’esthétique ». (p.479). La compréhension de l’œuvre est en ce sens toujours provisoire, et nécessairement incomplète : « toute compréhension d’œuvre est essentiellement un processus. » (p.481)

Dans ce contexte, le but n’est pas de percer le mystère de l’œuvre – ce qu’a trop souvent cherché à faire la pensée esthétique spéculative – mais bien de comprendre le caractère incompréhensible lui-même. C’est la seule manière pour la philosophie de l’art de ne pas faire violence à l’art.

Mais cet incompréhensible ne peut être approché par le biais d’une analyse immanente de l’œuvre, qui se borne à l’œuvre et la coupe de ce fait à sa part sociale et se prive ainsi de la réflexion sociale sur l’art. « Celui qui se limite à la contemplation de l’œuvre d’art passe à côté d’elle. Sa complexion interne a besoin, même de façon médiatisée, de ce qui en soi n’est pas de l’art. » (p.484)

Adorno invite donc à une expérience esthétique avertie, consciente des diverses dimensions de l’art : une conscience adéquate de la réalité extérieure participe à la cohérence immanente de l’œuvre. « Toute expérience de l’œuvre est liée à ce qui l’entoure, à sa position, à son lieu au sens propre comme au sens figuré. » (p.485)

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